Devenir « kiné » : gratuit à Dijon, toujours trop cher à Nevers

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Région BFC. Pendant des mois, les étudiants en kinésithérapie ont dénoncé des frais de scolarité jugés exorbitants en BFC. L’annonce de la gratuité des études à Dijon marque une avancée majeure pour la profession. Mais dans la région, les futurs kinés ne sont pas tous logés à la même enseigne.

— Par  Enzo Beaudet —

En décembre 2025 le mouvement « kinégligé » avait pour but de faire bouger les choses par rapport aux prix des études. C’est chose faite pour Dijon. Crédit : archives JDP.
En décembre 2025 le mouvement « kinégligé » avait pour but de faire bouger les choses par rapport aux prix des études. C’est chose faite pour Dijon. Crédit : archives JDP.

« On veut soigner, pas commencer notre vie avec une dette. » Depuis plusieurs mois, la colère montait chez les étudiants en kiné de Dijon et Nevers. En cause : des frais de scolarité avoisinant les 30 000 € à Nevers. Une situation dénoncée par plusieurs collectifs étudiants, qui alertaient sur une sélection par l’argent dans une profession pourtant confrontée à une pénurie de praticiens.

Dans ce contexte tendu, l’annonce faite le 5 mai par la région BFC a été accueillie comme une victoire. À partir de septembre 2026, les études à l’Institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) de Dijon deviendront gratuites. L’établissement intégrera l’Université de Bourgogne Europe, permettant ainsi un alignement sur le modèle des formations universitaires publiques : les étudiants devront débourser les 200 € de cotisations étudiantes, bien loin des 5 000 € jusqu’à présent (20 000 € pour suivre leur cursus complet).

Une somme souvent financée par des prêts bancaires, des aides familiales ou des emplois étudiants cumulés avec les cours et les stages, plusieurs étudiants racontaient devoir « compter chaque euro », repousser des projets personnels ou encore renoncer à certaines opportunités faute de moyens. Cette question du coût des études dépasse d’ailleurs le seul cadre étudiant. « Alors que les déserts médicaux progressent et que les besoins en rééducation explosent avec le vieillissement de la population, l’accès aux études reste, lui, financièrement inégal », se plaignait Nicolas Pinsault, vice-président de l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes. […]