La MCIMC, moteur du technopôle automobile
Depuis 2018, la MCIMC réunit les entreprises du technopôle de Magny-Cours pour favoriser coopération, innovation et accès privilégié au circuit, consolidant un réseau stratégique pour la filière automobile locale.
— par Antoine Gavory —

Depuis 2018, l’association Magny-Cours International Motorsport Center (MCIMC) a pris le relais du Pôle de performance dissous la même année : « Après cette dissolution, les entreprises ont considéré qu’il était important de reprendre cette habitude de se côtoyer et de développer ensemble des activités dans la mesure du possible. Aujourd’hui 95 % des sociétés basées à Magny-Cours font partie de l’association et d’autres vont nous rejoindre comme Texys (N.D.L.R. : spécialisée dans les capteurs notamment pour le NASCAR) installée à Varennes-Vauzelles.», explique Bertrand Decoster, directeur général de Ligier Advanced Technologies (ex-Mygale) et président de la MCIMC. Dans son sillage, une trentaine d’entreprises du Technopôle engagées à différents niveaux dans les sports mécaniques, des structures sportives et l’Institut supérieur de l’automobile et des transports (ISAT). Contrairement au Pole performance, la MCIMC n’est pas un consortium économique mais une entité chargée de gérer les interactions entre les entreprises et le circuit de Nevers- Magny-Cours, propriété du conseil départemental de la Nièvre, un outil industriel essentiel pour leurs activités de développement et d’essais. « On est sur un des plus beaux outils du monde en termes de circuit. La question pour nous, c’est comment on peut avoir accès à ce circuit pour faire des essais techniques ». Les entreprises adhérentes disposent d’une carte annuelle qui leur permet d’utiliser les pistes à tarif préférentiel, une coordination directement assurée par l’association avec l’exploitant du site.
Dans cet environnement où certaines sociétés peuvent être concurrentes, la logique repose sur la connaissance mutuelle et la coopération informelle : « On se rend compte qu’on est tous dans le même milieu, on est parfois concurrents, mais c’est important que chacun sache ce que fait le voisin. On a souvent des zones de recouvrement ou des domaines où l’on peut collaborer, que ce soit au travers de moyens, d’hommes ou de business. Il y a un angle économique mais on ne porte pas de projets en commun. ». Et du business, la Technopole n’en manque pas. Avec près de 400 emplois et un chiffre d’affaires qui avoisine les 50M€, l’association constitue un levier stratégique pour la cohésion et le développement du technopôle, consolidant un réseau local qui représente un socle essentiel pour l’ensemble de la filière automobile dans la région : « Nous avons la chance d’avoir un partenariat étroit avec l’ISAT, dont les étudiants alimentent régulièrement les entreprises du technopôle en jeunes ingénieurs. Toutes les entreprises du technopôle accueillent des ingénieurs de l’ISAT. C’est une vraie richesse pour nous. »

Plusieurs fois par an, l’association organise des rencontres entre dirigeants et invite des personnalités du sport automobile ou du monde institutionnel, et mène des actions de sensibilisation auprès des jeunes, notamment via un challenge karting destiné aux collégiens, accompagné de visites d’entreprises : « Il y a une fascination pour ce milieu. Mais pour nous, c’est important que les gens comprennent que derrière l’image glamour du sport automobile, il y a surtout des entreprises de haute technologie et des métiers très exigeants. ».
Et même si le Grand Prix de Formule 1, qui s’y est tenu de 1991 à 2008, a quitté le circuit, ce dernier reste un vecteur de visibilité et d’attractivité pour les entreprises locales. « On est sur un des plus beaux outils du monde qui peut accueillir des événements de haut niveau tout en servant les besoins industriels des sociétés locales ». Quant au Grand Prix, qu’on se le dise, son départ n’a rien changé. Le circuit fonctionne toujours à plein régime : « Économiquement, ça ne nous apportait rien. Sinon qu’une fois par an tous les décideurs, les grands décideurs du sport auto étaient à Magny-Cours et ça, ça n’a pas de valeur. ». Quant à un retour de la F1 : « C’est assez utopique de le penser. La Formule 1 suit aujourd’hui un modèle et une logique tels que, globalement, on voit clairement ses destinations : ce sont soit des lieux très glamour, soit des pays où l’événement devient stratégique pour le gouvernement. La question n’est donc plus de savoir si le circuit est agréable ou non. Sauf si notre Président décidait d’en faire un choix stratégique, ça paraît peu probable. »
