{"id":970,"date":"2026-04-13T11:30:00","date_gmt":"2026-04-13T09:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/proscriptum.fr\/?p=970"},"modified":"2026-04-13T11:29:12","modified_gmt":"2026-04-13T09:29:12","slug":"saga-colas-feve-star-de-la-galette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/proscriptum.fr\/index.php\/2026\/04\/13\/saga-colas-feve-star-de-la-galette\/","title":{"rendered":"SAGA : Colas, f\u00e8ve star de la galette"},"content":{"rendered":"<span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 4<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-pale-pink-color\">H\u00e9riti\u00e8re d\u2019une tradition centenaire, la fa\u00efencerie Colas a surv\u00e9cu \u00e0 la mondialisation en se r\u00e9inventant autour d\u2019un produit de niche : la f\u00e8ve. En 30 ans, elle est pass\u00e9e de la quasi-faillite \u00e0 leader fran\u00e7ais de la f\u00e8ve artisanale.<\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>&#8211; par L\u00e9o Agopian &#8211;<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"729\" src=\"https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas1-1024x729.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-978\" style=\"aspect-ratio:1.4046822742474916;width:621px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas1-1024x729.jpg 1024w, https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas1-300x214.jpg 300w, https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas1-768x547.jpg 768w, https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas1.jpg 1428w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0Tokyo, New-York et Montr\u00e9al, sur les plus belles tables fran\u00e7aises du monde entier et dans des boulangeries de l\u2019hexagone, les f\u00e8ves Colas sont l\u00e0, dans les galettes, pour d\u00e9signer au hasard un \u00ab roi \u00bb qui, symboliquement, se coltinera une couronne en carton le temps d\u2019une soir\u00e9e. Mais ces f\u00e8ves ne sont pas l\u00e0 par hasard. Elles viennent de Clamecy ; de la fa\u00efencerie Colas, une manufacture centenaire qui doit sa survie \u00e0 ce petit objet devenu en quelques ann\u00e9es son produit roi.<br><br>Clamecy et la fa\u00efence, c\u2019est trois si\u00e8cles d\u2019histoire. En 1791, une premi\u00e8re fa\u00efencerie ouvre ses portes, remplac\u00e9e en 1837 par une nouvelle manufacture produisant chauffe-plats, pots \u00e0 tabac et cruchons de bouteilles. L\u2019activit\u00e9 s\u2019\u00e9teint \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, mais la tradition persiste.<br><br>En 1918, Andr\u00e9 Duquennelle relance la fa\u00efencerie au 4 faubourg de Bethl\u00e9em \u2014 une adresse presque pr\u00e9monitoire. L\u2019atelier emploie des gamins du coin, dont un jeune d\u00e9corateur de porcelaine originaire de Domecy, Claude Colas, qui rach\u00e8te la manufacture \u00e0 son patron en 1938. La fa\u00efencerie Colas r\u00e9unit alors une trentaine d\u2019artisans et se consacre \u00e0 la fabrication et \u00e0 la d\u00e9coration de vases et objets en porcelaine.<br><br><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-pale-pink-color\">Les f\u00e8ves sauvent la mise<br><\/mark><\/strong>Mais, au d\u00e9but des ann\u00e9es 70, alors que Claude passe le t\u00e9moin \u00e0 son fils Jean-Fran\u00e7ois, la mondialisation f rappe de plein fouet. Face \u00e0 la concurrence eff r\u00e9n\u00e9e de pays asiatiques, les assiettes ne se vendent plus : <em>\u00ab En Asie il y avait d\u00e9j\u00e0 un savoir-faire dans la fa\u00efencerie. Ce sont des secteurs d\u2019activit\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vite lamin\u00e9s par la mondialisation. des march\u00e9s complets en une d\u00e9cennie \u00bb<\/em>, t\u00e9moigne Alexandre Colas, actuel directeur de l\u2019atelier. Jean-Fran\u00e7ois Colas sort les rames pour garder l\u2019entreprise \u00e0 flot et maintenir sa trentaine de salari\u00e9s. La solution : chercher de nouveaux march\u00e9s. Vient alors l\u2019id\u00e9e de fabriquer des f\u00e8ves pour les galettes des rois : <em>\u00ab \u00c7a a donn\u00e9 un nouveau souffle \u00e0 l\u2019entreprise. Il a relev\u00e9 l\u2019un des challenges d\u2019entreprises les plus durs : r\u00e9ussir la d\u00e9croissance sans jamais licencier personne. Il a emmen\u00e9 toutes ses \u00e9quipes \u00e0 la retraite \u00bb.<\/em><br><br>L\u2019an 2000 voit un nouveau visage faire son entr\u00e9e dans la manufacture. Ing\u00e9nieur de formation, Alexandre a pass\u00e9 sa vingtaine \u00e0 parcourir le monde : <em>\u00ab Il y avait mes grands-parents qui avaient un peu bourlingu\u00e9, et puis mon oncle Alain Colas <\/em>(navigateur disparu au large des A\u00e7ores en 1978 \u00e0 bord du Manureva)<em>. \u00c7a m&rsquo;a donn\u00e9 envie d\u2019aller voir ailleurs, et l\u2019ailleurs \u00e9tait loin \u00bb<\/em>, t\u00e9moigne celui qui a, notamment, travers\u00e9 Madagascar en VTT. De retour au bercail, Alexandre rejoint la manufacture en 2001 alors que celle-ci ne compte plus qu\u2019une douzaine de salari\u00e9s. \u00ab La quasi-totalit\u00e9 des employ\u00e9s avait rejoint l\u2019entreprise \u00e0 16 ans, avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par mon grand-p\u00e8re. C\u2019\u00e9taient des enfants de Clamecy. On \u00e9tait vraiment dans un endroit tr\u00e8s particulier o\u00f9 j\u2019avais beaucoup \u00e0 apprendre d\u2019eux, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode d\u2019apprentissage et de transmission o\u00f9 j\u2019\u00e9tais compl\u00e8tement absorb\u00e9 par ce savoir-faire \u00bb.<br><br><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-pale-pink-color\">Le pari gagnant du made in France<br><\/mark><\/strong>L\u2019ancien baroudeur prend les r\u00eanes de la fa\u00efencerie en 2006. Jadis activit\u00e9 marginale, la fabrication de f\u00e8ves devient le c\u0153ur de l\u2019entreprise lorsque Alexandre Colas, rejoint par sa s\u0153ur \u00c9lodie en 2007, r\u00e9oriente les effectifs vers ce produit : <em>\u00ab Cela nous a permis de reconstruire une \u00e9quipe dot\u00e9e des comp\u00e9tences n\u00e9cessaires et capable de travailler efficacement sur les exigences tr\u00e8s sp\u00e9cifiques de la fabrication de miniatures et de f\u00e8ves. Le d\u00e9fi \u00e9tait de prendre le savoir-faire centenaire de la fa\u00efencerie et de le concentrer sur ce cr\u00e9neau tr\u00e8s particulier. Rapidement, nous avons gagn\u00e9 en efficacit\u00e9 et en pertinence \u00e9conomique. <\/em>\u00bb L\u2019efficacit\u00e9, un d\u00e9fi de tous les jours pour se d\u00e9velopper dans un domaine o\u00f9 plus de 90 % des concurrents sont &#8230; asiatiques. 20 ans plus tard, la fratrie se partage la direction ; pour Alexandre, la gestion de la manufacture et de ses six employ\u00e9s \u00e0 temps plein ; pour \u00c9lise, la direction d\u2019une \u00e9quipe de 4 commerciaux : \u00ab <em>En 2006, la fabrication fran\u00e7aise et l\u2019origine des produits importaient peu dans les actes d\u2019achats, mais avec nos produits, on touchait une client\u00e8le de boulangers tr\u00e8s fiers de leur<\/em> <em>m\u00e9tier. On \u00e9tait dans cette dynamique de valeur du savoir- faire artisanal et on se retrouvait sur ses valeurs communes avec les artisans boulangers <\/em>\u00bb, analyse Alexandre Colas.<br>Alors que le Made in France retrouve ses lettres de noblesse, la fa\u00efencerie Colas transforme ce regain d\u2019int\u00e9r\u00eat en pari gagnant. Avec plus d\u2019un million de f\u00e8ves produites et vendues chaque ann\u00e9e, la manufacture clamecycoise s\u2019impose comme leader des producteurs de f\u00e8ves artisanales f ran\u00e7aises.<br><br>En 2020, le site de production s\u2019en est all\u00e9e des locaux historiques du 4 faubourg de Bethl\u00e9em : \u00ab <em>C\u2019\u00e9tait un vieux b\u00e2timent au c\u0153ur d\u2019un quartier historique. Un super mus\u00e9e mais il \u00e9tait impossible de s\u2019y d\u00e9velopper <\/em>\u00bb, confie Alexandre. Direction Coulanges-sur-Yonne, \u00e0 8 km de Clamecy. Mais les liens avec la ville et la fa\u00efencerie d\u2019art restent intacts : \u00ab <em>Nous avons conserv\u00e9 notre magasin historique \u00e0 Clamecy, o\u00f9 nous continuons \u00e0 vendre notre production de fa\u00efencerie d\u2019art \u2013 vases, assiettes \u2013 ce qui nous permet de p\u00e9renniser notre savoir-faire <\/em>\u00bb, explique Alexandre Colas. Preuve de cet ancrage, en 2023, la Place de la Gravi\u00e8re, o\u00f9 se situe la boutique clamecycoise, est devenue la Place Roger Colas.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-pale-pink-color\"><strong>Mais d\u2019o\u00f9 vient la f\u00e8ve ?<\/strong><br>La galette des rois puise ses origines dans les Saturnales romaines, 3 si\u00e8cles avant J-C, f\u00eates antiques au cours desquelles on cachait une f\u00e8ve dans un g\u00e2teau pour d\u00e9signer un \u00abroi d\u2019un jour\u00bb. Ce rite, s\u2019est transmis jusqu\u2019en France au Moyen \u00c2ge, o\u00f9 il s\u2019est associ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9piphanie, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 6 janvier pour comm\u00e9morer l\u2019arriv\u00e9e des Rois mages aupr\u00e8s de l\u2019enfant J\u00e9sus. \u00c0 l\u2019origine simple l\u00e9gumineuse, la f\u00e8ve a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e au XVIIIe si\u00e8cle par des figurines en porcelaine ou en m\u00e9tal, fabriqu\u00e9es par les p\u00e2tissiers et fa\u00efenciers. La galette elle-m\u00eame a \u00e9volu\u00e9. La p\u00e2te feuillet\u00e9e classique s\u2019enrichit au XVIIIe d\u2019un m\u00e9lange de p\u00e2te d\u2019amandes, beurre, sucre et \u0153ufs : la frangipane.<\/mark><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"694\" height=\"971\" src=\"https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-977\" style=\"width:408px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas2.jpg 694w, https:\/\/proscriptum.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/colas2-214x300.jpg 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 694px) 100vw, 694px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Screenshot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Saga \u00e0 retrouver dans le magazine Entreprendre dans la Ni\u00e8vre #<\/em>1<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 4<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>H\u00e9riti\u00e8re d\u2019une tradition centenaire, la fa\u00efencerie Colas a surv\u00e9cu \u00e0 la mondialisation en se r\u00e9inventant autour d\u2019un produit de niche : la f\u00e8ve. 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