En BFC la filière bois ralentit mais conserve sa place de leader

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L’Agreste vient de publier ses statistiques annuelles, confirmant que la Bourgogne-Franche-Comté conserve son rang de quatrième région française pour la filière bois en 2024.

En 2024, la Bourgogne-Franche-Comté confirme son statut de poids lourd de la filière bois française, se classant au 4e rang national pour la récolte et le sciage. Malgré une érosion de l’activité pour la quatrième année consécutive, la filière affiche une résilience structurelle avec un excédent commercial de 177 millions d’euros et une amélioration notable de l’état sanitaire de ses massifs. Le secteur entame désormais une mutation profonde, portée par une action publique renforcée pour adapter la ressource au changement climatique et sécuriser les emplois locaux.

Un tissu économique dense malgré une légère contraction

La région demeure un pilier industriel avec 451 entreprises d’exploitation forestière et de scierie, soit 16 % du parc national. Si le nombre d’établissements a reculé de 15 unités en un an, cette baisse affecte principalement les entreprises de collecte, tandis que le nombre de scieries reste quasiment stable (157 unités). La récolte globale s’est établie à 5 229 605 m³ en 2024. Bien qu’en repli de 1,4 % sur un an, ce volume représente la cinquième meilleure performance des vingt dernières années. Cette baisse globale masque des dynamiques opposées selon les usages :

  • Le bois d’œuvre (56 % de la récolte) : Il recule, pénalisé par les feuillus (-120 000 m³), malgré une légère progression des conifères (+26 000 m³).
  • Le bois industrie (19 %) : C’est le seul segment en croissance avec une hausse de 76 000 m³.
  • Le bois énergie (23 %) : Pour la première fois en six ans, il enregistre une baisse de 5 % pour s’établir à 1,22 million de m³.

Une géographie de la récolte aux contrastes marqués

L’analyse départementale révèle des trajectoires divergentes au sein de la région. La baisse régionale est largement imputable à la Nièvre, qui voit sa récolte chuter de 40 % (soit -132 000 m³), ainsi qu’à la Saône-et-Loire (-98 000 m³). À l’inverse, le massif du Jura et le Doubs affichent une dynamique positive avec une hausse cumulée de près de 253 000 m³.

Chaque territoire affirme sa spécialité :

  • Le Doubs et le Jura dominent sans partage le bois d’œuvre conifère, produisant à eux deux deux tiers du volume régional.
  • La Haute-Saône s’impose comme le leader du bois d’œuvre feuillu (un tiers de la production régionale) et du bois énergie (26 % du volume régional).
  • La Côte-d’Or se distingue sur le bois de trituration, dont elle assure 24 % de la production régionale.
  • L’Yonne et la Côte-d’Or se tournent davantage vers des bois de moindre qualité destinés à l’industrie et au chauffage, contrairement à l’ex-Franche-Comté où l’affouage par les particuliers reste très ancré.

Transformation industrielle : l’excellence des niches

L’activité de sciage, bien qu’en baisse pour la quatrième année consécutive à 1 316 000 m³, confirme la spécialisation de la région sur des essences nobles. La Bourgogne-Franche-Comté est la première région de France pour le sciage de chêne (29 % du volume national) et la deuxième pour le hêtre (24 %). Le savoir-faire régional s’illustre particulièrement dans les produits à haute valeur ajoutée. La région produit 50 % du bois sous rail national (56 404 m³) et occupe la deuxième place pour la fabrication de merrains destinés à la tonnellerie.

Santé des forêts et perspectives stratégiques

Un signal d’espoir provient du front sanitaire. Grâce à une forte pluviométrie en 2024, les attaques de scolytes ont chuté, entraînant une baisse de 58 % des prélèvements de bois sanitaires. Les épicéas de plaine ont quasiment disparu, et les attaques se cantonnent désormais aux zones d’altitude supérieure à 900 mètres. Sur le plan commercial, la filière rayonne à l’international avec 408,7 millions d’euros d’exportations. L’Europe reste le premier débouché (82 % des exports), avec la Belgique en tête des pays clients (18 % de la valeur), suivie de l’Italie et de l’Espagne. Pour garantir la pérennité de ce moteur économique, l’État a lancé fin 2023 le « Dire de l’État », un cadre d’action renforcé visant à favoriser l’attractivité des métiers forestiers et à assurer la résilience des forêts face aux crises climatiques et aux incendies.