À 80 ans, Primedge aiguise plus que jamais les passions

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Dans la périphérie de Sens, le spécialiste européen de la conception de lames industrielles pour l’industrie agroalimentaire cultive un savoir-faire tout en retenue. Une relative discrétion à peine troublée, début novembre, par la réunion stratégique et commerciale annuelle du vaisseau amiral Cozzini, organisée à Soucy à l’occasion du 80e anniversaire de la PMI, et qui a vu débarquer des responsables venus du monde entier. 

— Par Stéphane Bourdier —

Le directeur général de Primedge, Anthony Balouzet, et Alexander Cozzini, représentant de la 4e génération du groupe éponyme, incarnent une nouvelle génération de dirigeants industriels plus sensibles aux enjeux sociétaux et environnementaux.

Allemagne, Catalogne, Brésil ou encore Mexique… Venus de tous les azimuts, les représentants de l’industriel « italo-américain » étaient réunis, le 6 novembre dernier, autour des « boss de Chicago », Ivo et Alexander Cozzini — respectivement représentants des 3e et 4e générations à la tête de la dynastie de rémouleurs-affûteurs — pour célébrer les 80 ans de la filiale française. 

En maître de cérémonie, le directeur général de Primedge, Anthony Balouzet, n’a pas boudé son plaisir d’accueillir, cette année, la réunion stratégique et commerciale du groupe : « C’est à la fois un honneur, un privilège et un grand plaisir pour toute l’équipe de vous voir tous réunis dans l’Yonne. » À cette occasion, le concepteur de lames industrielles à destination de l’industrie alimentaire s’est vu symboliquement décerner la charte RSE de l’UIMM 89 des mains de son délégué général, Claude Vaucouloux. Preuve, s’il en est, qu’il est possible d’afficher 80 printemps au compteur tout en intégrant des pratiques industrielles responsables. 

Primedge, c’est avant tout un savoir-faire unique en France qui, grâce à des mains expertes, transforme des feuilles d’acier inoxydable en plus de 5.000 références de lames, aujourd’hui expédiées dans plus de 80 pays. Quand certaines tranchent les carcasses pour en faire des côtelettes, d’autres équipent les cutters destinés à la confection de pâtés, saucisses et autres terrines. À elle seule, une lame conçue dans l’atelier sénonais peut trancher jusqu’à 400 tonnes de jambon et être réaffûtée plus de 30 fois avant d’être remplacée. Parmi ses principaux clients figurent Fleury Michon, Labeyrie ou encore Madrange. 

Lame de fond 

Adossés à l’industriel américain, Primedge et ses trois succursales européennes — basées en Espagne, au Danemark et en Suède — ont connu une trajectoire ascendante remarquable, passant de 150 000€ de chiffre d’affaires au début des années 1990 à 15,4M€ l’an dernier. 

Ce dynamisme a été accompagné par une opération de croissance externe avec le rachat de Pro’Coupe Industries, fabricant de lames industrielles dédiées aux solutions de packaging. Une opportunité destinée à répondre à la baisse structurelle de la consommation de viande : « Grâce à cette acquisition, nous consolidons notre savoir-faire tout en nous ouvrant à de nouveaux débouchés industriels. C’est aussi une manière de sécuriser notre développement et de rester fidèles à notre ancrage local », précise Anthony Balouzet, qui entend par ailleurs poursuivre la modernisation de l’appareil productif et renforcer la formation en interne afin de transmettre des gestes précieux.