Corbigny–Clamecy : la Région et le Département alertent sur l’avenir des dessertes ferroviaires
Lors d’une réunion de travail, la Région Bourgogne-Franche-Comté et le Conseil départemental de la Nièvre ont évoqué l’avenir de la ligne Corbigny–Clamecy et des petites lignes ferroviaires du territoire. Les élus appellent à des engagements clairs de l’État face à la dégradation des infrastructures et au besoin de financements pour leur modernisation.
Le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain, et le président du Conseil départemental de la Nièvre, Fabien Bazin, ont tenu une réunion de travail consacrée à l’avenir de la ligne ferroviaire Corbigny–Clamecy et, plus largement, aux dessertes fines du territoire. Mise en service à la fin du XIXᵉ siècle, avec l’ouverture de la gare de Corbigny en 1878, cette ligne s’inscrit dans un ensemble destiné à désenclaver les territoires ruraux du centre de la Nièvre et du Morvan. La liaison ferroviaire a été progressivement réorganisée dans les années 2010 dans le cadre de la restructuration de l’offre TER en Bourgogne. Aujourd’hui, la section Corbigny–Clamecy est considérée comme une desserte fine du territoire, avec une fréquentation estimée à environ une cinquantaine de voyageurs par jour, en raison notamment d’une offre réduite au fil du temps.
Les échanges ont également permis de situer cette ligne dans le contexte plus large des mobilités locales. La liaison Clamecy–Auxerre, plus structurante, assure environ six circulations quotidiennes dans chaque sens et une fréquentation estimée entre 100 et 250 voyageurs par jour, tandis que la section Corbigny–Clamecy reste nettement moins utilisée. Les deux responsables ont rappelé le rôle de ces lignes dans les mobilités quotidiennes en zone rurale, notamment pour l’accès à l’emploi, aux études, aux soins et aux services publics, mais aussi leur contribution à l’attractivité résidentielle et touristique ainsi qu’au maintien d’une activité économique locale, incluant ponctuellement le fret.
Ils ont également évoqué la dégradation progressive des infrastructures ferroviaires, qu’ils attribuent à un sous-investissement ancien sur un réseau appartenant à l’État et géré par SNCF Réseau, dont la remise à niveau des lignes de desserte fine en Bourgogne-Franche-Comté est estimée à environ 500 millions d’euros. Dans ce contexte, la Région et le Département demandent à l’État une clarification de ses engagements financiers, la définition d’un calendrier d’intervention et un chiffrage partagé des travaux nécessaires, dans un contexte où des enjeux liés au fret ferroviaire au sud de Corbigny ont également été signalés.
L’avis de la rédaction
Transition écologique : Faites-ce que je dis… si vous le pouvez !
C’est là que le contresens devient politique. Tout en demandant aux territoires ruraux de participer à l’effort climatique, dans un contexte de crise énergétique, la transition peut-elle se faire sans un réseau ferroviaire rapide, fréquent et fiable ? Tant que la réponse restera négative sur les lignes secondaires, la transition écologique aura des airs de slogan. Et dans les territoires ruraux, elle continuera surtout de ressembler à une injonction déconnectée du réel.
